jeudi 14 décembre 2017

Le dire-vrai



J'aimerais que tu viennes là 
où rien ne bouge
quand le temps interrompu nous laisse
à peine voir les saisons qu'il y eut
tellement qu'on ne sait si le blanc
à nos tempes est neige argentée
ou reflets sinueux des lunes.

J'aimerais que tu viennes ici 
où je soupire
depuis qu'en silence nous tissons
nos désirs aux équinoxes
et, pour le dire-vrai du faux,
nos doux baisers en suspension
ondulant entre parenthèses.

J'aimerais qu'ici et là
toi...

J'aimerais qu'encore il neige.

mercredi 13 décembre 2017

ma rencontre avec le grand Buk ( how i met big Buk )

- C'est en Californie. Nous sommes dans une grande maison au bord de la mer mais je ne sais de quelle ville il s'agit, il y a Buk...

- Comment sais-tu que c'est Buk ? et ... la Californie ?

- Et bien... je le sais, c'est tout.... c'est Buk et la Californie. Tu veux l'histoire ou non ?
- Oui, bien sûr, que je la veux, vas-y !


Donc c'est le soir et nous sommes dans une maison en Californie. La maison est haut perchée. L'un des murs est entièrement vitré, si bien que j'ai une vue panoramique sur tout le paysage. Dehors, il y a un gros rocher, un immense rocher. C'est peut être un volcan. C'est un volcan. Je m'approche des vitres pour voir ce qu'il y sous du volcan. Au-dessous du volcan, c'est la ville et la ville scintille à nos pieds. Comme j'ai le nez collé là, un manège de chevaux passe devant la baie vitrée. Il circule dans les airs comme une voiture. Impossible !! me dis-je, impossible !! Je me frotte les yeux. Je les ferme, je les ouvre... oui, il est toujours là et 
oui, le voilà qui s'éloigne doucement, volant vers le cratère du volcan. Je crois qu'à cause de ce fichu manège aérien, la maison s'est mise à trembler. Mais peut-être est-ce le volcan qui se réveille, ou un tremblement de terre, ou... qui sait ! Toujours est-il que mon amie Hélène, qui m'a accompagnée chez Buk, reçoit du plâtre sur la tête. Le plafond s'effrite. Il pleut de la craie blanche sur le parquet. Comme personne ne s'en soucie, absolument personne, moi non plus.

- Buvons un verre puisqu'il neige, nous dit Buk qui entre à l'instant dans le salon. 
Il ouvre une bouteille de vieux whisky. Nous sommes assis par terre dans la craie blanche. Il me suffit de tendre le bras pour être servie. Je le tends, on me sert. Je le tends, on...
Bientôt, la musique, jusque là en sourdine, grimpe jusqu'au plafond. J’ôte mes chaussures pour danser. Je danse. Je tourbillonne. Nous sommes tous très gais, Buk aussi. Il raconte des blagues que je ne comprends pas mais, quand il imite William S. Burroughs, ça c'est super drôle ! Il en profite pour nous montrer sa dernière composition. C'est un sachet en soie bleue qui contient trois petits livres « du fait main », il précise : « un accordéon cousu main ». Il les déplie et nous explique qu'il se lance dans la couture et la musique, « dans la couture musicale, pour joindre l'utile à l'agréable » il ajoute. Pour l'essentiel, j'ai compris. Pour le reste et s'il y a un jeu de mots, non, j'ai pas très bien saisi. 

Maintenant, je danse près de la fenêtre, je virevolte. Mine de rien, je jette un œil vers le volcan. Tout va bien, il dort et la ville scintille à ses pieds.
- Eh Buk ! ... il y a des lucioles sous le volcan, je dis, toute émerveillée.
Buk s'approche, il vient près de moi. Il regarde le ciel, la ville et le volcan.
- On en a marre non ? C'est un peu chiant tout ce manège, tout ce tralala, ce volcan qui dort et cette ville qui scintille...
- Oh ! non, c'est tellement beau... des lucioles !! Et, bafouillant en anglais, j'ajoute : c'est the first time of my life...
- Really ? Yeah !! Fêtons ça ! 
Et vlan, le voilà qui ôte son pantalon. Je vais rougir.
- Mais qu'est-ce que vous faites, Buk !?
- Je me mets à l'aise Laury. Il faut nous tenir prêts. Buvons un autre verre. Regarde, le volcan se réveille et la terre tremble. Il va y avoir une éruption, poupée.

- Voilà !
- Ah ! Et... ensuite ?
- Ensuite... ben rien, on a fini la bouteille et il a fait le con dans la neige du salon.

mardi 12 décembre 2017

( pensant à toi... au bord de )



au bord du canal, le soir, la lumière est si dorée, si blonde, si douce que, pensant à toi, ma bouche est toute pleine de baisers ; au fil de l'eau, ils naviguent, naviguent... ils naviguent doux et blonds et dorés, cherchant tes lèvres et ton cou, cherchant ton front, cherchant ta nuque, .... frissons, oh frissons bleutés caressant l’onde et ta peau... ta peau douce, si douce, ta peau... comme j’aime à l’imaginer, délice de mes délices, dans la lumière qui doucement décline et fond dans l’eau.

*

dimanche 10 décembre 2017

( pensant à toi ... )


Oh ! oui, il y a les mots, les mots qui vont ici et là comme en voyage. Les mots, un voyage qui n'en finirait pas. Un voyage, vers toi, sans impatience. On n’en a jamais fini avec cela, avec l’amour, le désir, les mots… Je regarde les paysages. Partout, tu es avec moi, dans mon sac, dans mes poches, sur les murs, dans ma voix, mes silences… toi, mon égarement, je te sens, je te vois et je t’écris sans fin… Je parle de toi à la terre et au vent.


*

jeudi 7 décembre 2017

( pensant à toi... loin )

Je sais que tu es là
toujours
dans l’enclos de mes nuits 
toujours
dans le livre de mes saisons
toujours
je le lis 
dans chaque jour qui passe
je le vois 
dans le vieil arbre en sommeil
dans l’hiver blanc déjà revenu.


Toujours loin 
tu es si proche encore

oh ! encore, disais-tu
encore ...

C'était en décembre
pour la première fois
t'en souviens-tu 
?

*