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Murmure(s) # 21

enfin, il y a 
lui ! lui enfin pour lequel je tremble, pour lequel je suis femme, lui qui me tient vivante, lui, chaque jour, lui dans cette vie chaque jour à renaître des cendres, lui, ces baisers chaque jour, lui, ces baisers qui font que je peux chaque jour, que je peux encore et toujours, que je peux affronter chaque jour les lions, les lionnes, que je peux faire face chaque jour sur les ruines, lui, heureusement, il y a ses baisers sur ma bouche, lui, heureusement, chaque jour, dans le chaos parmi les cendres et les ruines, lui, heureusement, chaque jour.

La Chambre haute © 9

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"Cette l’histoire est celle d’une fille qui aime beaucoup l’eau vive et qui se baigne dans la rivière l'été. C’est une petite histoire. Une histoire de pas grand-chose. Une histoire courte. C’est l’histoire d’un mois ou deux, peut-être trois. C’est l’histoire d’une saison. C’est presque rien dans une vie, une saison. C’est une histoire d’été. Il fait chaud. C’est une histoire de cœur et de corps qui ont mal et qui font mal. Il y a beaucoup d’amour, de chaleur de désir et de douleur. C’est une toute petite histoire mais c’est une histoire qui pèse lourd. En somme, une histoire banale, me direz-vous, une comme il y en a eu beaucoup d’autres depuis toujours. C’est vrai. Vous avez raison. Ce n’est pas la première ni la dernière histoire d’amour. Mais, comme toutes les histoires, c’est une histoire unique. C’est une histoire simple. Une histoire qui ne fait pas d’histoire, une histoire sans manigance, sans triche, sans calcul, sans logique, sans stratégie, sans mesquinerie… C’est…

Murmure(s) #20

Il me semble que peut-être, sans doute même, oui, j'en suis certaine, nous devrions, il faudrait que nous, j'aimerais tant que toi et moi, si tu le voulais, n'est-ce pas, nous pourrions nous... veux-tu bien, accepterais-tu que toi et moi ... j’en ai envie, follement envie, terriblement envie, oh ! comme il serait doux... si doux de... je le désire et le veux et peut-être que toi aussi tu... est-ce que oui... serait-il possible... tu sais... pourquoi ne pas nous, enfin, toi et moi... qu'en dis-tu, toi ? - Oui, je dis oui, ... embrasse-moi.

Murmure(s) # 19

- J’ai soif du vent doux qui décoiffe les dunes et ondule le sable comme un grand drapeau.

- Et de moi... as-tu soif de moi ?

- Oui, j’ai soif de tes lèvres à mes lèvres, du sel de tes baisers, j’ai soif de mes rêves noués à tes rêves. De ta peau, j’ai faim. J’ai faim de ta peau encore tiède et pâle... si pâle et si douce au petit matin.

- Embrasse-moi...



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La vie même

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Les grandes villes n'ont rien de vrai ;  elles faussent le jour et la nuit, et l'espoir de l'enfant, la vie même des bêtes. Et leur silence ment et leurs bruits sont trompeurs." RILKE R.M., Lettres à un jeune poète



Mon aimé

Nous voici, sans transition, jetés dans une machine infernale qui roule à tombeau ouvert et chavire les cœurs. Le vide des rues nous aspire. 
J'aurais dû rester là-bas dans la nuit noire, derrière les murs hauts de la ville, loin des néons électriques. Je pense aux papillons de nuit, bientôt épinglés, qui se brûlent aux lumières, qui frappent aux vitres et qu'on ne laisse pas entrer. 
J'aurai dû penser aux fleurs artificielles, aux plaques du regret qu'on laisse sur les tombes. Penser aux regrets, à la mort, aux noyades. J'aurais dû pressentir l'évidence.
Nous sommes dans le vide soudain. Partout, le vain nous enveloppe. Ça sent le skaï, la normalité. La banalité nous étreint. La vie redevient si vulgaire.
Nous n’habitons plus la vil…

( Pensant ... à toi, ta peau )

Vos mots manquent, vos mots me manquent, vous me manquez, votre peau, vos mots, vos mots d'encre, votre peau nue, votre sexe tendu, vos mots, c'est tout comme. Vos mots sont une drogue dont je ne sais me défaire, poudre des miracles, elle laisse des traces dans la peau, sur la peau, des ailes bleutées vibrantes entre les virgules. Vos mots ont lancé dans ma chair des flèches d'interrogations brûlantes et, sur ma langue, de vertigineuses exclamations. Vos mots ont glissé des poissons frissonnants de salive entre mes cuisses où vous alliez, profond dans les jambages, cueillir l'or du miel et mon eau de sel. Vos mots m'ont crocheté dans le ventre leurs points doux de caresses en suspension. Vous m'avez nouée, entre parenthèses, une écharpe de doigts de soie autour du cou. Vous m'avez brassée en abîme sur votre sexe, vous m'avez roulée sous vos draps de plaisir, vous m'avez étendue dans vos désirs en marges, vous m'avez mise nue entre vos lignes. Vous avez…

T'écrire encore... lettre #16

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Je vous écris encore... c'est dimanche.
Un jour désordonné. Il me ressemble. Il me plaît. Rien ne presse. Je bois un thé, un café, c'est selon. Je le sirote avec le reste de sommeil et de rêve sucrés dedans. Je m'attarde dans la chaleur des draps. Je regarde le ciel par la fenêtre. Il pleut... Qu'importe, le soleil reviendra. 

Nous avons le temps. Rien ne presse. La ville respire un autre rythme, lent, assourdi.

C'est un jour sans direction précise, sans directive. C'est ainsi que je pense à vous, sans idée précise. Je vous pense en images. Je les brasse, les colore à l'envi.


C'est encore l'hiver. Il fait froid.

Vous avez une écharpe bleue enroulée autour du cou. Vous avez un stylo glissé dans la poche de votre veste. Vous marchez seul dans cette ville qui est la vôtre et que je ne connais pas. J'invente un livre entre vos mains, une tasse que vous portez à vos lèvres, un journal déplié sur la table du café. Quelques feuilles, un cahier, sur lesquels vo…